Témoignages reçus à l'occasion de l'ouverture de notre Jardin des 7 demeures 

Afin de nous aider à bien recevoir les nombreux visiteurs qui ont déambulé tout l'été dans le Jardin des 7 Demeures (plus de 3000 visiteurs)    nous avions fait appel à deux frères Carmes : Fr. Nicolas-Joseph et Fr. Jean-Baptiste.

L'un et l'autre nous ont fait part de l'expérience très positive qu'ils ont vécue ici au carmel ....

Une autre personne ayant eu la joie de visiter le jardin, nous a fait part de son ressenti ...

Nous partageons avec vous ces trois témoignages.

 1er témoignage par Frère Nicolas-Joseph

Chères sœurs,

Je profite de l’événement de la clôture du cinquième centenaire de la naissance de notre sainte pour témoigner et rendre grâce de mon expérience dans votre Carmel de Morlaix. Les Deux mois, qui se sont écoulés depuis notre collaboration, m’ont permis de faire une relecture et de constater que cet événement dans mon cheminement vocationnel résiste au temps. C’est un événement du passé qui m’ouvre jour après jour un champ de réflexion sur mon engagement dans la province et dans mon engagement envers nos sœurs. Cet apostolat avec frère Jean Baptiste a été le premier, depuis ma profession et depuis la sienne, dans le cadre du studium. J’ai pu prendre conscience que vivre cet apostolat avec nos sœurs du Carmel est une chance pour ma vocation.

Sainte Thérèse d’Avila a voulu avoir des frère Carmes Déchaux afin d’accompagner spirituellement leurs sœurs carmélites et afin de faire découvrir au monde la spiritualité du Carmel. Ce séjour à Morlaix a été le moyen de retourner à cette racine vocationnelle. En effet, j’ai pu prendre conscience de l’importance de retrouver ce lien fraternel pour vivre pleinement notre vocation commune. L’élément marquant a été la solidarité évangélique. Cette expérience de solidarité est synonyme de complicité évangélique. J’entends par solidarité et complicité la reconnaissance des uns et des autres comme des éléments essentiels et complémentaires pour vivre notre vocation. Ainsi ai-je pu me rendre compte de l’importance de découvrir, à travers une relation sincère avec nos sœurs, ce qui fait l’originalité de notre famille pour réaliser ce que saint Jean de la Croix et sainte Thérèse nous ont transmis.

Ce chemin de découverte de notre mission commune a bien commencé au Carmel de Morlaix. En effet, après plusieurs semaines de travail, les sœurs, ayant pu retrouver leur rythme de vie contemplative et nous, ayant pris nos marques, nous avons commencé notre apostolat. J’ai très vite  constaté qu’une harmonie et un dynamisme se créa. Les sœurs avec leur vie contemplative  témoignaient sur la vie d’oraison et  la vie communautaire ; frère Jean Baptiste et moi-même, nous avons essayé d'exprimer  la vocation universelle de notre communion à Dieu et au monde par la prière. Ainsi cette proximité apostolique entre sœurs et frères a-t-elle été très fertile pour l’Eglise et la ville de Morlaix. Ce constat n’est pas dû à une opinion intéressée mais c’est un constat fait à partir des cœurs travaillés pendant l’itinéraire.

Il y a des épreuves qui ressemblent à des montagnes mais, qui une fois que nous nous sommes levés, nous constatons que ce ne sont que des taupinières. C’est un peu l’expérience que j’ai pu voir à Morlaix. En effet, pendant des décennies, la fissure relationnelle entre l’Eglise et le monde se faisait de plus en plus profonde et plus large. Que ce soit en paroisse où en communauté religieuse la ville nous paraît comme une chaîne de montagne habitée par des gens impossible à évangéliser. Ainsi le Carmel de Morlaix vit-il la même situation que la grande majorité des autres monastères et couvents de France. La vie religieuse, qui représente un des aspects de la vie ecclésiale, est uniquement définie par le monde avec des stéréotypes. La vie religieuse et le monde de proximité sont tombés dans un mutisme non pas à cause de la haine mais de l’ignorance. Pourtant, j’ai pu constater la vérité de la parabole de la taupinière. Malgré une communauté pauvre en moyen humain, les soeurs ont su être audacieuses dans leur projet et elles ont su prendre leur responsabilité. Ce que j’ai vu est un signe pour l’Eglise d’aujourd’hui et pour le monde. Les gens ont été touchés au plus intime de leur être grâce à cette initiative. Les préjugés sur la vie religieuse et sur la vie d’Eglise en générale sont tombés chez un grand nombre de personne. Des gens qui habitent à quelque mètres du Carmel n’étaient jamais venus par peur ou par préjugé, d’autre encore n’étaient plus revenus dans un lieu ecclésial à cause d’une rupture  avec l’Eglise. Tous ces gens ont fait une rencontre de réconciliation avec l’Eglise ; ils ont fait des rencontres humaines et spirituelles qui ont bouleversé leur regard sur L’Eglise et sur le monde. Des montagnes qui semblaient infranchissables se sont écroulées.

Il faut prendre en considération les moyens utilisés par nos sœurs. Ces moyens n’ont été rien d’autres que les moyens évangéliques. Ainsi l’hospitalité, la simplicité et l’humilité vécues dans la charité ont-elles été les leviers qui ont fait bouger la ville de Morlaix.

 Merci chères sœurs, grâce à votre témoignage le Seigneur m’a transmis des talents. Je ne compte les mettre en terre. J’ai conscience de ce qui m’a été donné lors de ce séjour chez vous et j’ai le désir de les faire fructifier pour l’ordre du Carmel et pour toute l’Eglise. Que Dieu mette en lumière l’œuvre accomplie cet été dans votre Carmel afin que votre Diocèse voie en cette expérience une réponse à l’appel du Pape François pour une Eglise plus évangélique et plus audacieuse dans son rapport au monde.

Frère Nicolas-Joseph - o.c.d

2ème témoignage : Fr Jean-Baptiste

J’ai passé une semaine d’apostolat au Carmel de Morlaix durant le mois d’août dans le cadre du 5ème Centenaire de la naissance de Thérèse d’Avila. J’ai effectué des visites guidées des jardins du Carmel  qui étaient calqués sur l’œuvre majeur de Sainte Thérèse « les Demeures ».

Ce fut d’abord pour ma part une découverte à la fois de l’histoire du Carmel en Bretagne et « des Demeures » à travers ces 7 jardins. Ces visites m’ont fait prendre conscience au fur à mesure des jours de la grande simplicité avec laquelle « La Madre » nous parle de l’intériorité par les symboles liées à son environnement. Pouvoir offrir au gens d’entrer dans le chemin spirituel que propose Thérèse dans son livre à travers la nature m’a montré une autre manière de parler de Dieu de manière concrète.

 Faire aussi découvrir aux gens, issus de milieux très différents, la vivante réalité de la vie religieuse aujourd’hui a ouvert des frontières et a fait tomber de nombreux préjugés sur la vie religieuse carmélitaine.

Enfin, vivre une expérience humaine et spirituelle avec nos sœurs carmélites, pendant cette année du Centenaire, est un grand moment de grâce. Cela m’a montré comment nous, frères et sœurs, pouvons cheminer ensemble pour offrir au monde un meilleur témoignage du Carmel de manière accessible et tout aussi intérieure que ceux qu’on peut expérimenter des les livres.

Je rends donc grâce pour cette semaine à Morlaix pour tous les fruits reçus. Par son héritage, Thérèse nous donne d’entrer dans son univers intérieur pour faire l’expérience de Dieu dans le concret de notre vie et d’en partager aux autres la source qu’est l’oraison.

Fr. Jean-Baptiste Gélébart, O.c.d

3ème témoignage : (une visiteuse qui souhaite garder l'anonymat)

Comprendre avec les yeux et les pieds ce qu’est la montée vers Dieu

A l’occasion de l’année jubilaire du 5ème centenaire de la naissance de Thérèse d’Avila, les carmélites de Morlaix ont eu l’idée d’illustrer dans leur jardin, ce qu’est un itinéraire spirituel, et plus particulièrement celui qu’a décrit Thérèse d’Avila dans son livre « le Château intérieur » encore appelé le « Chemin de la Perfection ».

J’ai eu l’opportunité de parcourir « ce jardin illustré » en cette fin du mois d’août, et je dois dire que j’en suis restée ébahie, tant par la beauté des lieux que par l’ingéniosité déployée dans les multiples symboles disséminés le long des 600 mètres du parcours. Je vous propose de revivre ce chemin.

01 entree jardin dieu createurDès l’entrée on est accueilli par une immense reproduction du Créateur qui façonne dans la douceur un homme encore inachevé. Cette reproduction provient d’une sculpture de la cathédrale d’Amiens. Les hauts murs qui clôturent l’espace loin d’écraser le visiteur, indiquent que ce lieu est un éden, image de celui de la Genèse avec les parterres de fleurs disposés avec naturel.

Puis on descend vivement, et presque d’une manière inquiétante, et avant de passer sous une voûte. Un panneau indique qu’il faut oser franchir la porte. Effectivement le décor est celui de l’entrée d’un château. Nous sommes prévenus : c’est celle du Château intérieur.

06 se detacher du bruitAussitôt cette porte franchie, un allée encore pentue conduit le visiteur dans un espace inattendu qui ouvre à 180° un panorama sur la ville de Morlaix avec son célèbre viaduc tout à gauche et le clocher de Saint Martin sur les hauteurs en face. Au fond de la vallée les maisons blotties les unes contre les autres. Au loin le parc verdoyant de l’ancien château de Morlaix Silence, quiétude, sérénité ….

Mais est-ce cela seulement qu’il faut découvrir ? Dans une guérite de bambous deux sièges attendent le visiteur, l’un pour lui-même et l’autre pour Dieu qui espère être accueilli. C’est la première Demeure : celle d’un choix : « Vais-je continuer ma route tout seul, ou vais-je dire à Dieu, je te prends avec moi ? »

07 ecouterPour aider à se déterminer, à quelques pas, un petit désert aménagé dans le dépouillement est proposé. Une icone intitulée « prête l’oreille de ton cœur », invite se déposer là entre les mains de Dieu en laissant tout ce qui encombre à l’extérieur de soi. Celui qui accepte ce lieu se sent protégé mais non pas isolé car la ville est en face de lui. Un olivier lui indique que ce lieu est un lieu qui procure la paix. C’est la deuxième Demeure celle du choix de remettre sa vie en Dieu.

Une fois cette étape franchie, il ne faut pas s’installer dans la quiétude nombriliste « Dieu et moi ». Il faut continuer et quitter ce désert cocoonant malgré tout.

08 allons marchonsMais, c’est un long chemin étroit et raide qui attend le visiteur. Par une icone de Thérèse d’Avila « en marche » avec son bâton, celui qui gravit le raidillon croit entendre la sainte lui dire comme à ses filles : « allons, mes filles, marchons ! » C’est la troisième Demeure, celle de la persévérance dans l’effort, malgré l’âpreté du chemin.

10 fontaine eau viveAu bout de la montée, un espace verdoyant accueille le marcheur. Il y coule une source qui désaltère. C’est la récompense après l’effort, car Dieu ne laisse jamais ceux qui le cherchent sans consolation. Aussi la louange est-elle la bienvenue en ce lieu.

Un ermitage y est dressé avec une belle statue de la Vierge de l’Annonciation qui prononce son fiat « que tout se fasse pour moi, selon ta parole ». Celui qui est parvenu dans ces « hauteurs » sait qu’il ne sera pas déçu. C’est la quatrième Demeure.

Mais là encore, il serait tentant de s’installer alors que le chemin invite à poursuivre.

15 montee arideUn étroit sentier, sans perspective car il n’y a rien à voir, s’offre au marcheur. C’est la cinquième Demeure dans laquelle Dieu demande de s’abandonner à lui et de lui faire entièrement confiance. Il faut, en quelque sorte, lui « passer le volant » et le laisser piloter notre vie.

Une fois cette décision prise, le visiteur parvient dans le lieu le plus haut du carmel qui symbolise aussi les hauteurs de la vie spirituelle. C’est un vaste jardin où il peut cheminer dans la quiétude, puisque Dieu l’accompagne désormais dans tous les moments de sa vie. L'âme est unie à Dieu dans l'oraison.

18 buisson ardentIl y découvre le « buisson ardent », ce lieu sacré où Dieu confia à Moïse sa mission. Le marcheur devenu ami de Dieu, sait qu’il n’a pas été conduit en vain, à cet endroit, une mission l’attend et il est désormais prêt à l’accepter.

Le chemin se fait doux sous les pieds. Il n’y a plus d’aspérités ni d’obstacles sur la route. C’est la sixième Demeure.

20 Dieu ami des hommesAu bout du Jardin comparable au Jardin des Délices dont parle la Bible, une immense reproduction de Dieu créateur, s’offre au regard encore au regard. Mais, cette fois, l’homme est devenu son partenaire, son ami. « façonné un peu moindre qu’un Dieu ». Une longue contemplation s’impose. Les deux visages rapprochés de Dieu et de l’Homme, sont d’une beauté infinie.

Et l’on s’attarde dans les hauteurs du carmel, car celui qui y chemine le fait dans la paix. Tout est vaste et plénitude.

24 livre de la paroleLes arbres sont immenses, tout comme le livre de la Parole de Dieu posé au bord du chemin et qui rappelle que Dieu est Parole. C’est l’étape de la fidélité définitive.

Vient ensuite une longue descente qui conduit à la septième Demeure, la dernière.

27 trouver la sourceOn y découvre une source et une fontaine aux eaux émeraude.

Là aussi, une structure artistique en forme de diamant, symbolise le cœur de l’homme qui a trouvé Dieu.

30 devenir diamantEn effet, Thérèse d’Avila aimait à dire que celui qui vit en communion avec Dieu est comme un diamant qui étincelle de la lumière divine.

Parvenu au terme du parcours le marcheur est invité à prendre deux décisions :

  • Comme les apôtres après la Transfiguration, il ne faut pas rester en extase avec Dieu dans les hauteurs célestes mais redescendre en soi, car c’est là que se trouve la source qui irrigue la vie spirituelle.
  • Comme après l’Ascension, alors que les disciples restent tournés vers le ciel, il faut entendre Jésus nous dire : « je vous envoie vers vos frères, c’est là que vous me trouverez ».

Comment ne pas remercier les carmélites d’avoir réalisé un tel Jardin avec autant de talents et de justesse ? Que Thérèse d’Avila, consolide maintenant les « fondations » qui ont ont déposées cet été dans le cœur de tous ceux qui sont venus gravir avec elles, la Montagne du Carmel.


Carmel de Morlaix

 9 Rue Sainte-Marthe
Tél : 02 98 88 05 82

Horaires des Offices :

en semaine  : Laudes : 7h30 - messe : 8h30 - Vêpres : 17h00 - Oraison : 17h30
le dimanche : Laudes : 7h15 - messe à 8h30 - Vêpres : 18h00

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