Lorsque l'on aborde les écrits de Thérèse, on est frappé d'y déceler trois caractéristiques dans sa façon de relater ses expériences et de les transcrire.

1- Une autobiographie engagée.

Comme tous les mystiques, Thérèse parle de son expérience et de rien d’autre ;

« Je le dis parce que je le sais par expérience On peut me croire, je l’ai expérimenté .. dit-elle …(Vida 11.13-14); « J’ai une grande expérience sur ce point. C’est un fait que j’ai constaté…. » (Vida 11,15).

Lorsque l'on aborde les écrits de Thérèse, on est frappé d'y déceler trois caractéristiques dans sa façon de relater ses expériences et de les transcrire.

1- Une autobiographie engagée.

Comme tous les mystiques, Thérèse parle de son expérience et de rien d’autre ;

« Je le dis parce que je le sais par expérience On peut me croire, je l’ai expérimenté .. dit-elle …(Vida 11.13-14); « J’ai une grande expérience sur ce point. C’est un fait que j’ai constaté…. » (Vida 11,15).

On a l’impression, en la lisant, que le mystère qu'elle évoque est plus vivant que le réel.
Le mot « expérience » revient souvent et donne du poids à ce qu’elle écrit ; elle veut transmettre ce qu’elle croit à son lecteur.
On perçoit derrière sa plume une forte personnalité, et en même temps, comme une mise en retrait d'elle-même pour donner à vivre une émotion positive puissante ;

Je me rappelle que lorsque je sortis de la maison de mon père (pour entrer au couvent) j’éprouvais de telles angoisses que la mort ne saurait m’en réserver de plus vives.. La lutte fut telle si le Seigneur ne m’avait secouru, toutes mes considérations eussent été impuissantes à me faire avancer. Il me donna le courage de triompher de moi-même et je pus réaliser mon dessein.[…] Aussitôt j’éprouvais une telle joie d’être dans l’état religieux que depuis lors, je n’ai jamais cessé de la goûter.… » (Vie 4,1-2)

Elle dit avoir fait l’expérience du désenchantement de la vie :

tout est bref, tout est néant ; tout fatigue (Vie 15,11) ; la terre est une misère ;  elle termine le récit de sa vie en disant : « la vie  m’est devenue comme une sorte de rêve ; il me semble presque toujours que tout ce que je vis est un rêve ; je ne découvre en moi ni joie, ni peine profonde. Si j’en éprouve parfois, cela passe avec tant de rapidité que j’en suis étonnée et je n’en suis pas plus touchée que d’un rêve.» (40,22)

Telle est l’expérience que Thérèse a de la vie à l’approche de la cinquantaine. Pour elle, la vie véritable est au ciel. Mais entre cette vie misérable et l’autre, il y a le Christ, auquel elle s’attache éperdument ; il devient son ami, son médiateur, son compagnon indéfectible sur la route. Elle sent sa présence par empathie.
Lorsque son Confesseur lui demande comment elle reconnait cette Présence, elle répond avec une étonnante simplicité que c’est le Christ lui-même qui le lui dit, mais que c’était déjà « imprimé en elle, et, gravé en son âme de manière si évidente qu’elle en avait une certitude supérieure à celle que donne la vue.» (27,5).

Ces mots, imprimer et graver reviennent souvent ; ils disent d’une manière puissante la Présence intérieure et les influences positives ressenties; Tout cela saisit le lecteur.

2- C'est un écrit imagé qui fait signe

On dit que le langage est significatif, lorsqu'il est perçu comme étant en lien direct avec la vie.

Thérèse est pédagogue. Elle sait que pour transmettre quelque chose de vrai, il faut parler vrai, et, ce qu'elle écrit vient effectivement de l’épaisseur de sa vie personnelle. Elle cherche donc des nouvelles manières de s'exprimer.

 Où trouverai-je des expressions capables de faire comprendre ce que vous donnez à ceux qui mettent en vous leur confiance et ce que perdent ceux qui restent attachés à eux-mêmes », dit-elle à Dieu (32, 17).

Thérèse dit les choses comme elles sont,  sans cérémonie , ni compliment, et, sans se préoccuper du « quand dira-t-on ».

Elle écrit comme elle parle sans « maquiller » le réel. Et ainsi, elle entraîne son lecteur à percevoir la vérité des choses et de Dieu.

Nous prenions (elle et son frère) plaisir à nous redire souvent : Pour toujours, toujours, toujours !
Quand j’avais répété un certain nombre de fois ces paroles, le Seigneur m’accordait la grâce, malgré mon jeune âge, de me faire comprendre ce que c’est que le chemin de la vérité. » (Vie 1,5).

Cette répétition « pour toujours, toujours, toujours », un peu comme un mantra, devient pour elle et ceux qui l’écoutent, une sorte de représentation idéalisée de l’éternité. C’est dans ce « toujours » qu’elle se dilate et qu’elle communique quelque chose d’un durable infini et de la vérité. Cette quête de la vérité sera jusqu’à la fin de sa vie, son stimulant et son aiguillon.

Le rire : Thérèse rit beaucoup et se rit de tout : d’elle-même, des confesseurs (37,5), de l’argent (20,27), du démon (31,3) de l’Inquisition (33,5), du formalisme social (38,4), de ses propres discours.

C’est une manière pour elle, de se mettre à distance stratégique de son MOI, de relativiser et de critiquer poliment ce qui ne lui convient pas, même lorsqu'il s'agit du langage de foi de l’Eglise, dont le style lui paraît parfois dénué de sens et de contenu, parce que déconnecté du réel.

3- C'est un langage persuasif : il produit du fruit, engendre des effets positifs

Thérèse écrit dans le but de persuader,, de transmettre ses découvertes de Dieu, son attachement à la Sainte Humanité du Christ, et d’entraîner son lecteur à faire les mêmes expériences qu’elle.

Elle désire tant que les transformations qu’opère en elle la Grâce, s'accomplissent aussi chez les autres , « pour leur faciliter la vie ».
Car, dit-elle, ces expériences (de l’oraison) produisent des effets positifs.

Et elle en fait toute une liste (cf. chap 6, 3-4 de sa vie) :

 Je ne disais de mal de personne, si petit qu’il fût ;
J’évitais d’une façon habituelle toute médisance, n’oubliant que je ne devais ni vouloir pour les autres ni en dire ce que je ne voulais pas qu’on dise de moi-même. J’y veillais avec un soin extrême dans les occasions qui se présentaient….
J’engageais donc si bien mes compagnes et les personnes que je voyais à suivre cette ligne de conduite, qu’elles en contractèrent l’habitude. On en vint à se persuader que là où j’étais la réputation du prochain n’avait rien à craindre, et qu’il en étaient de même là où se trouvaient mes amies, mes parentes ou celles que j’instruisais….
J’aimais à traiter et parler des choses de Dieu, quand l’occasion s’en présentait ; j’y trouvais plus de contentement et de joie que dans toute la politesse ou, pour mieux dire, dans la grossièreté des conversations du monde….
J’affectionnais extrêmement la lecture des bons livres. Un repentir très profond s’emparait de moi , dès que j’avais offensé Dieu…etc…)

On le voit le langage de Thérèse est persuasif ; elle parvient à entraîner les autres sur le chemin de l’oraison, à leur en communiquer «le désir ». Si le rire est contagieux, l’amour ou la tristesse le sont aussi.

Conclusion

Puisque, dans la vie courante, les automatismes facilitent la vie, pourquoi n'en serait-il pas de même dans la vie spirituelle ?
Lorsque l'on a pris l'habitude de prier, de vivre en lien avec l'Evangile, la relation à Dieu devient toute naturelle ; on s’y épanouit dans une grande liberté, « comme un oiseau solitaire sur un toit », sans entrave, libre de lui-même.

C'est alors que, peu à peu, on devient amoureux de cette liberté-là, celle des enfants de Dieu, et on peut y « aventurer sa vie » selon l’expression même de Sainte Thérèse !


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