La béatification récente de ce prêtre, carme, a placé sous les feux de l'actualité, cette figure lumineuse, qui était trop peu connue du grand public. Pourtant elle mérite d'être connue, tant par l'immense sainteté d'une vie exceptionnelle que par les nombreuses actions entreprises au cours de sa vie dont la fondation de l'Institut Notre Dame de Vie à Vénasque.

Voici donc une brève biographie du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus

ste elisabeth triniteElisabeth Catez est plus connue sous le nom d’Elisabeth de la Trinité. Comment cette petite carmélite qui n’a vécu que 5 années au carmel de Dijon a-t-elle pu devenir sainte ? C’est là tout le mystère de la grâce ! Elisabeth, comme Thérèse Martin, est une grande âme toute tournée vers le Christ, et c’est par lui qu’elle s’est laissée transformer. Sa magnifique prière « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », témoigne du feu d’amour auquel elle s’est donnée et livrée.

Le rayonnement de sainteté qui se dégage d’elle est si immense qu’elle est connue jusqu’en Amérique Latine, en Inde, aux Philippines. Béatifiée en 1984 par le pape Jean-Paul II, elle a été canonisée le 16 octobre dernier par le pape François à Rome.

affiche canonisation elisabeth triniteGrande joie pour l'Eglise et la famille du Carmel !

Ce 16 octobre, au lendemain de la fête de Sainte Thérèse d'Avila, sera canonisée Elisabeth Catez, de son nom de religieuse Elisabeth de la Trinité.
La messe de canonisation aura lieu à Rome à 10h15, en la basilique Saint-Pierre. Il sera possible de suivre la cérémonie qui sera retransmise en direct sur KTO.

Mais qui est cette jeune carmélite décédée en 1906 ?

Nicolas Herman 1614 - 1691

Nicolas Herman naquit en 1614, à Hériménil en Lorraine, dans une famille profondément chrétienne.

A 18 ans, Dieu lui avait fait une grâce singulière. Un jour d’hiver, voyant un arbre dépouillé de ses feuilles et songeant que celles-ci allaient réapparaître, ainsi que des fleurs et des fruits , il comprit que ce n’était pas le fait de l’arbre seul ; la création lui révélait le Créateur et à partir de ce jour, Dieu fut pour lui une Réalité vivante.

« Il reçut une haute vue de la providence et de la puissance de Dieu, qui ne s’est jamais effacée de son âme. »

Une guerre vile et destructrice

Cette même année, la Lorraine était occupée par la France, et le duc Charles IV, expulsé de son pays, fit enrôler des troupes pour reconquérir ses Etats. Nicolas s’engagea dans l’armée du duc de Lorraine. Dans cette guerre de Trente Ans, tristement célèbre pour ses cruautés inhumaines, les armées ne reculaient pas devant les pillages et tous les genres de violence. Plus tard, il regrettera son passé, déplorant ses péchés devant Dieu. Si nous ignorons en quoi ils ont consisté au juste, ce qui est sûr c’est que la précédente grâce s’était estompée de sa vie présente. Deux fois il se trouva face à la mort ; finalement une blessure l’obligea à quitter le métier des armes à 21 ans.

Sa conversion

laurent-de-la-resurrectionLe temps de la guérison pour son corps le fut aussi pour son âme ; et l’expérience vécu à 18 ans revint à la surface. Il résolut alors de se donner à Dieu et de changer sa conduite passée. Il s’adonna quelques temps à la vie d’ermite en compagnie d’un gentilhomme. Mais, déconcerté de se voir passer de la joie à la tristesse, de la paix au trouble, de la ferveur à l’absence de dévotion, il ne persista pas. Il vint alors sur Paris où il s’engagea comme laquais chez Mr de Fieubet, où il dit avoir été ‘un gros lourdaud qui cassait tout’.

Sa vocation

C’est là que le Couvent des Carmes de la rue Vaugirard (l’actuel Institut Catholique) commença à l’attirer ; de plus, l’un de ses oncles était aussi carme . Nicolas se décida à 26 ans à demander son entrée à son tour en qualité de frère convers (non prêtre) , et il prit alors le nom de Frère Laurent de la Résurrection. Laurent est le patron de sa paroisse natale ; la Résurrection lui rappelait peut-être la renaissance de l’arbre dépouillé de ses 18 ans.

Sa "résurrection"

Il fut d’abord cuisinier pendant 15 ans, puis cordonnier de son couvent ; après dix années de cheminement difficile dans le sentiment douloureux de ses péchés, un acte d’abandon déterminant va le libérer, et il va petit à petit trouver son propre chemin spirituel : vivre travail comme temps de prières, peines comme joies dans la « présence de Dieu » ; transformer toutes ses occupations en « une manière de petits entretiens avec Dieu, sans étude, comme ils viennent… Il n’y faut point de finesse, il n’y a qu’à y aller bonnement et simplement ».

La seule ‘méthode’ de vie spirituelle de Frère Laurent fut en quelque sorte l’exercice de la présence de Dieu qui consiste à « se plaire et s’accoutumer en sa divine compagnie, s’entretenant amoureusement avec lui en tout temps ». Ainsi l’âme est conduite « insensiblement à ce simple regard, à cette vue amoureuse de Dieu partout qui est la plus sainte et la plus efficace manière d’oraison ». Et notre Frère d’ajouter : « dans la voie de Dieu, les pensées sont comptées pour peu, l’amour fait tout ». Son rayonnement attira de nombreuses personnes à lui demander conseils : c’est ainsi que lettres ou transcriptions de conseils donnés oralement nous sont parvenus.

Sa transfiguration

Au début de 1691, Frère Laurent tomba malade. Comme son mal augmentait à vue d’œil, on lui apporta le sacrement des malades. A un religieux qui lui demandait ce qu’il faisait et à quoi son esprit était occupé, il répondit : « je fais ce que je ferai dans toute l’éternité : je bénis Dieu, je loue Dieu, je l’adore et je l’aime de tout mon cœur ; c’est là tout notre métier, mes frères, d’adorer Dieu et de l’aimer, sans se soucier du reste ». Puis, avec la paix et la tranquillité de quelqu’un qui dort », Frère Laurent mourut le 12 février 1691, à 77 ans.

Peu de temps après, l’abbé Joseph de Beaufort, vicaire général du Cardinal de Noailles et ami du savetier carme pendant un quart de siècle, fit connaître son message par 2 ouvrages biographiques qui, en 1991, furent publiés dans une édition critique. Marquée au sceau de la simplicité et de la vérité, ce message n’a pas vieilli en trois siècles.

La pratique de la présence de Dieu, comme manière d’oraison préconisée par Frère Laurent, lui a valu un rayonnement interconfessionnel. Sa mystique du devoir d’état fait que tous les états de vie s’y retrouvent…Si son insistance sur les vertus théologales (foi, espérance, charité) rappellent l’enseignement de St Jean de la Croix, l’expression de Laurent, quant à elle, trahit une familiarité avec Thérèse de Jésus ,rappelant en particulier ‘l’oraison de recueillement’. Enfin, le quiétisme n’a eu aucune influence sur lui : son abandon confiant s’inscrit dans la collaboration de l’âme à l’œuvre divine et l’ascèse comme moyen de disposer le corps et l’esprit à la rencontre du Dieu vivant.

Quelques dates :

  • Thérèse Martin naît à Alençon le 2 janvier 1873.
  • Elle entre au carmel de Lisieux à 15 ans en 1888
  • Elle y fait profession en 1890
  • Elle décède prématurément de la tuberculose le 30 septembre 1897 à 24 ans.
  • Elle est canonisée 17 mai 1925 par le Pape Pie XI
  • Elle est proclamée Patronne des missions le 14 décembre 1927.

Fascinée par l'Amour !

“ Il m'a aimée et s'est livré pour moi ” (lettre de St Paul aux Galates. 2,20)
Et toi, m'aimes-tu ?

La jeune Thérèse Martin entendait au fond de son coeur cette question. Elle l'écoutait dans les rues de Lisieux, devant les merveilles de sa Normandie natale, dans ses voyages.

Le cri de Jésus sur la Croix, “ J'ai soif ” retentissait continuellement dans son coeur, et allumait en elle une ardeur inconnue et très vive.

“ Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes. ” (Histoire d'une âme,Manuscrit A 45-46)

Alors, elle décide de ne vivre que pour ça.
A 15 ans, elle réussit à se faire accepter au carmel de Lisieux. Décision insensée pour beaucoup, mais non pour elle qui est toute dévorée par la découverte de “son ” Jésus. Aucun nom ne résonne plus profondément en elle que ce nom de “ Jésus ”.
C'est d'ailleurs le mot qui revient le plus souvent sous la plume de Thérèse ; puis c'est le verbe “ aimer ”.
S'élançant à toute allure, Thérèse mettra pourtant plus de 7 ans avant de comprendre que, aimer en profondeur, comme elle le conçoit, n'est pas réalisable par ses propres forces. Jésus seul peut lui donner Jésus.

Docteur d'une géniale petite voie

therese carmeliteThérèse a de grands désirs : devenir sainte pour la joie de Dieu. Mais la route est longue et difficile.
Elle s'essouffle en chemin. Dès son entrée au carmel, la souffrance lui tend les bras. Avec un coeur douloureux, elle porte en elle la souffrance de son père, interné pendant 3 ans dans un hôpital psychiatrique. Mais la contemplation de Jésus gravissant son Calvaire l'aide à accueillir cette épreuve, tout en se sentant indigne et infidèle à son Amour.

Elle persévère coûte que coûte sur le chemin vers le sommet à atteindre, mais elle est bloquée par son impuissance.

Alors la lumière se fait : “ Jésus ne m'inspirerait pas les désirs que je ressens, s'il ne voulait pas les combler ”, dit-elle.
L'image de l'ascenseur vient à son esprit. “ L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus. ”
La voilà donc trouvée cette petite voie, bien droite, bien courte, toute nouvelle. Entrer dans l'ascenseur de Dieu, c'est jouer la confiance, rien que la confiance.

La Petite voie de Thérèse s'incarne dans la vie quotidienne. Au lieu d'attacher de l'importance aux choses extraordinaires, Thérèse opère un retour à la simplicité de l'Evangile, à la “voie commune ” dont Marie de Nazareth est le modèle.
Elle est réaliste : l'amour parfois, c'est un grand pas, mais la plupart du temps, c'est mille petits pas. Dans la vie de chaque jour les grandes décisions et les actions éclatantes sont rares. Par contre “ les petites choses ” abondent ; et Thérèse s'efforce de les faire par amour.

Alors sa Petite Voie, ne serait-elle pas plutôt une autoroute ? Celle de la confiance en Dieu Amour et Miséricorde

Pour en savoir plus :

Thérèse de Lisieux
le site de l''Association carmélitaine

Sa première rencontre franciscaine à 20 ans

Entrée au monastère de l'Incarnation d'Avila en 1535, à 20 ans, Thérèse tombe gravement malade peu de temps après et doit rentrer dans sa famille pour se soigner. Son père la conduit à Bécédas où, dit-on, une guérisseuse fait merveille. En attendant l'époque de la cure, Thérèse séjourne chez un oncle, qui vit un peu en ermite adonné à l'oraison et la lecture de vies de saints. Celui-ci l'engage à la lecture du Troisième Abécédaire du P. François d'Osuna, qui est un traité de vie spirituelle et un exposé de l'oraison de recueillement, telle qu'elle se pratique à l'époque chez les Franciscains Réformés ; ce livre l'enchante et éveille en elle une véritable vocation à la vie d'oraison ; ce sera le fil conducteur de toute sa vie spirituelle à venir.
Plus tard, au moment de fonder le premier carmel réformé de Saint Joseph d'Avila, elle interprétera le N°10 de la Règle : « Que chacun demeure seul dans sa cellule ou près d'elle, méditant jour et nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière, à moins qu'il ne soit légitimement occupé pour d'autres justes raisons. » à la manière franciscaine en établissant dans l'horaire journalier les 2 heures d'oraison.

Rencontre avec Pierre d'Alcantara.

therese avila2Le P. Pierre d'Alcantara est un Franciscain Réformé ; elle en fait son conseiller spirituel lorsqu'elle entreprend de fonder le premier monastère de Carmélites Réformées. Un gros problème l'occupe en effet à ce moment-là au sujet de la pauvreté. Faut-il fonder ce monastère dans la stricte pauvreté, sans rentes ou non ?
Le P. Pierre d'Alcantara lui conseille vivement de prendre un chemin de stricte pauvreté, sans rentes à la manière franciscaine et pour mieux suivre le Christ dans son mystère de pauvreté, lui « qui n'avait pas une pierre où reposer sa tête ». Après avoir beaucoup prié, elle se détermine à suivre son conseil, et à faire fi des diverses critiques que d'autres personnes faisaient à ce projet.
Elle retrouve ainsi l'inspiration première de la Règle du Carmel : que chaque membre renonce à toute propriété (Règle n° 4-5) et vive et fasse vivre la communauté du travail de ses mains.
Cependant, selon les situations locales des monastères fondés par la suite, elle aura l'intelligence de relativiser l'absence ou non de rentes ; l'important étant la vie de prière.

Rencontre avec une communauté de soeurs de Sainte Claire de Valladolid:

Selon son premier biographe, Ribera, elle fit un petit séjour chez les sœurs clarisses réformées de Valladolid pour voir leur manière de vivre. Il écrit en 1590 : « Thérèse se rendit dans le monastère de Notre Dame de Pitié de Valladolid, des Religieuses Déchaussées de Saint François, de grande observance et piété et c'est de là qu'elle retint la pauvreté de la table, la simplicité des rapports entre les religieuses et ce qui lui parut le meilleur. » Thérèse concrétisa son désir de voir des relations simples et fraternelles entre les soeurs du carmel réformé en établissant dans l'horaire 1 ou 2 temps de détente-récréation chaque jour ; ainsi s'est mis en place un équilibre entre vie érémitique et vie communautaire dans le carmel thérésien.

Mort de Sainte Thérèse la nuit du 4 au 15 octobre 1582

Le hasard d'une réforme du calendrier fit que, pour rattraper le cycle lunaire et solaire, il fut décidé de supprimer 10 jours de l'année civile et religieuse précisément entre le 4 et le 15 octobre 1582.
Thérèse d'Avila est donc décédée le soir de la fête de Saint François d'Assise ; petit clin d'oeil du Saint pauvre d'Assise à l'égard de celle qui lui vouait beaucoup d'admiration. N'avait-elle pas un peu l'âme franciscaine, par sa joie intérieure et extérieure à suivre le Christ !

prophete elie

Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab :

Par la vie de Yahweh, Dieu d'Israël, devant qui je me tiens,
il n'y aura, durant ces années-ci, ni rosée ni pluie, sinon à ma parole !

Pour nous qui lisons ces versets aujourd’hui, cela parait complètement fou ! Qui peut en effet prétendre faire la pluie et le beau temps ? N’est-ce pas un peu présomptueux ?
Pourtant, c'est par cette première intervention, abrupte, audacieuse, sûre d'elle-même, que la Bible insère le prophète Élie dans le livre des Rois et nous déroule sa vie, comme une saga.

Qui donc est cet homme étonnant ?

Un homme qui ose se lever et s’engager pour Dieu

La vie d’Elie se passe au temps du roi Achab, qui règne sur Israël. Ce dernier, dépasse les bornes de l’acceptable en se mariant avec une reine idolâtre, et ce faisant, il précipite son peuple dans l’idolâtrie.
 C’est alors qu’intervient Elie pour dire « stop ». Avec un admirable courage, il ose se présenter devant le roi impie pour lui annoncer clairement que le Dieu d'Israël est vivant, et qu’on ne peut enfreindre impunément ses préceptes. C’est pourquoi, il prononce une sanction : «il n'y aura ces années-ci ni rosée, ni pluie, sinon à ma parole ». Donc le ciel va se tarir et la famine va s'installer. Par ces signes on verra la réponse que Dieu donne à l'infidélité de son peuple.
Oser se lever, oser s’engager. Voilà le premier trait de la personnalité d’Elie. Il ne suit pas le mouvement général, car dans la droiture de son cœur il sait que Dieu est vivant. Il met ses actes en accord avec sa foi.

Un homme qui laisse Dieu agir (I Rois 17: 2-7) .

Mais Elie n’est pas un homme ordinaire, c’est un homme intérieur. C’est pourquoi, il accepte de se mettre en retrait, pour quelque temps. Sans doute, Dieu veut-il le protéger des fureurs d'Achab ? De son côté, il a, peut-être aussi, peur de succomber au piège de l’orgueil. Elie se connaît. Alors sur l’ordre que lui intime Dieu, il s’enfuit près du torrent de Kérith. Là il découvre la précarité du quotidien, et apprend à tout accepter : froid, solitude, peur. Cependant, ce séjour à l’écart du monde, est un temps bénéfique qui lui permet de prendre du recul en gardant confiance, car dans sa prévenance Dieu lui fait envoyer par les corbeaux, de la nourriture matin et soir.

Un homme qui demande et qui reçoit

Mais il arriva au bout d'un certain temps que le torrent sécha, car il n'y avait pas eu de pluie dans le pays. Elie voit donc, lui aussi la conséquence de la sécheresse qu’il a décrétée sur le pays, « Lève-toi et va à Sarepta, car voici que j’y ai ordonné à une veuve de te nourrir et tu y demeureras. »
Faisant confiance à Dieu, il part et il trouve en effet sur sa route une veuve à qui il ose demander d’abord à boire puis à manger ! C’est un peu pathétique, car cette veuve est pauvre et de plus elle est étrangère et païenne.
Alors la réponse ne se fait pas attendre :
« je n'ai pas de pain cuit; je n'ai qu'une poignée de farine dans une jarre et un peu d'huile dans une cruche, je suis à ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mon fils, nous mangerons et nous mourrons."

Confronté à la désespérance de cette veuve, Elie se rend compte qu’il est allé un peu loin. Mais, pourtant, il reformule sa demande en précisant : « Sois sans crainte. Prépare-moi d’abord un pain et tu me l’apporteras. Tu en feras ensuite pour toi et ton fils. Car ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne se videra pas, jusqu’au jour où l’Eternel enverra la pluie sur la surface du sol. »
Ici, le récit va à l’encontre de ce que l’on a coutume de croire, puisque la veuve partage ses maigres ressources avec l’étranger qu’elle vient de rencontrer. Non, la charité bien ordonnée ne commence pas soi-même, la détresse des autres n’est pas un danger ; l’étranger n’est pas un ennemi. Il n’y a que la foi et la confiance qui permettent d’expérimenter la présence agissante de Dieu, qui donne par surcroit.
La veuve, l’étrangère, la païenne a risqué sa vie et celle de son fils en donnant de son indispensable, et ce faisant, elle comble le manque de l’homme de Dieu. Ils se sont sauvés mutuellement.

Un homme tenté par la soif de puissance.

Au bout de trois ans de sécheresse, Élie reçoit une nouvelle mission :
« Va te montrer â Achab, et je vais donner de la pluie sur la face du sol ».
Dès qu'il vit Élie, Achab lui dit : « Est-ce bien toi, porte-malheur d'Israël ? »Il dit : «  Je n'ai pas porté malheur à Israël, [..] Maintenant envoie rassembler près de moi tout Israël au mont Carmel, avec les prophètes de Baal, et les prophètes de l'Ashérah ».
(1 R 18,16-19).
Ainsi Elie veut se mesurer aux prophètes de Baal dans une compétition qui comporte un enjeu de taille : convaincre le peuple de se rallier au dieu le plus fort.
On n’est pas à l’aise aujourd’hui devant ce récit. Car on sent bien qu’Elie fait un peu trop de zèle.
Dieu lui a demandé de se présenter à Achab, un point c'est tout. Or Elie prend l’initiative d'organiser un concours sur le Mont Carmel. Pourquoi ? Serait-il tout à coup devenu prisonnier d'une logique de confrontation entre puissants, malgré son expérience du Dieu de la vie, en terre étrangère, au milieu des pauvres ?
Sa prière dévoile une soif de reconnaissance de pouvoir : ''… que l'on sache… que je suis ton serviteur et que c'est par ta parole que j'ai fait toutes ces choses, réponds-moi, Seigneur, réponds-moi…'' (1 R 18,36b).
Ce ''moi'' est trop insistant. Dans son défi aux prophètes de Baal, puis en les égorgeant, il s'enferme dans une logique de violence qui s'avère, en fin de compte, un échec, car Dieu n’est pas dans la force, ni dans la violence.
Elie croit momentanément qu’il a gagné, mais ses illusions sont vite rattrapées par la fureur de la reine Jézabel.

Un homme qui rencontre le doute et le découragement

Jézabel  en effet est l'ennemie implacable du prophète Elie et lorsqu’elle apprend tout ce qu’a fait Elie et comment il a tué par l’épée tous les prophètes de Baal, sa décision est claire : elle veut le mettre à mort.
En voyant la réaction de la reine, Elie se sent complètement découragé, et cette fois, au lieu de faire face, il s’enfuit dans le désert, car il connaît la détermination de Jézabel, capable de le tuer par haine et méchanceté.
Après une journée de marche , fatigué et abattu, Elie s’assoit sous un genêt et demande la mort ! Il prie en disant à Dieu : "Prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères"
Mais Dieu lui envoie un ange et de la nourriture afin de lui donner de nouvelles forces pour aller plus loin. Il marche quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu à Horeb.
C’est là que Dieu intervient, car Elie n’a plus de ressort en lui. Quelque chose est fêlé en lui, car il vient de découvrir qu’on ne met pas la main sur Dieu.

Un homme qui sait écouter Dieu

Arrivé à l’Horeb, Elie est invité à sortir de sa caverne, de son refuge et à se tenir sur la montagne en présence de Dieu.
Lui qui était sûr de lui au Mont Carmel, qui avait de l’énergie à revendre, prêt à en découdre avec ceux qui s’étaient mis du côté des idoles, fait l’expérience que Dieu n’est pas là où il le pensait : dans les manifestations voyantes, bruyantes comme l’ouragan, le tonnerre, les éclairs, ni même le tremblement de terre.
« Un ouragan : pas de Seigneur !
Un tremblement de terre : pas de Seigneur !
Un feu : pas de Seigneur !
et après le feu, un bruit de fin silence.
Dès qu’Elie l’entendit,
il se voila le visage avec son manteau,
il sortit et se tint à l’entrée de la grotte. » cf. Premier livre des Rois, 19, 11-13

C’est quand il entend le murmure d’une brise légère que son cœur est touché jusqu’aux entrailles, il se voile le visage et se prosterne.

C’est de l’ordre de l’indicible ; la certitude d’une présence non pas à l’extérieur de soi, mais au-dedans du cœur.
C’est dans le silence que Dieu fait entendre sa voix, une voix qui interroge, qui fortifie, qui est douce présence et qui remet debout. On s’attend à ce qu’elle soit audible, forte. Mais la pédagogie de Dieu est magnifique. Il parle dans la douceur et le silence.
Et voici que cette voix lui dit : "Qu'as-tu à faire ici, Élie ?"

Un homme qui sait recommencer

Élie vide son cœur et raconte à Dieu tous ses déboires, tous ses tourments. Oh ! que cela fait du bien ! Voilà donc Elie, soulagé, Dieu a entendu sa douleur. Il s’attend à être réconforté, consolé, mais la réponse de Dieu le surprend encore : "Va ! Retourne par ton chemin à travers le désert vers Damas !" (1 R 19,15).
Quelle réponse ! Aucun reproche, aucun souhait, seulement une invitation : retourne, autrement dit : recommence, reprend ta route, car maintenant, tu sais que je suis toujours avec toi, dans la douceur.

Conclusion

La figure d’Elie, est vraiment celle d’un homme de notre temps. Son histoire nous émeut, parce qu’elle est racontée comme une saga. Tous les épisodes sont-ils vrais vrai ? peu importe, l’essentiel est ailleurs. Il est dans le message reçu. Elie est un homme qui aime Dieu et qui lui est resté fidèle.
Puissions-nous suivre son exemple à travers les embûches de nos existences parfois fracassées par la violence et le découragement.

Mystique de la Passion

mm pazziNée à Florence…

Catherine, de son nom de baptême, est née en 1566 dans une famille célèbre de la noblesse florentine. Elle eut ensuite, deux frères. Très tôt, elle manifeste un amour de prédilection pour la prière solitaire et l'Eucharistie qu'elle reçoit à l'âge de 10 ans. Son coeur d'enfant est comme aimanté par la grandeur de l'amour de Dieu pour les hommes. A 14 ans, elle entre en pension chez les religieuses de Saint Jean à Florence. Mûrit alors en elle le désir de donner sa vie à Dieu et d'être religieuse.

Au carmel

Elle choisit l'Ordre des carmélites « parce qu'on y communiait tous les jours ». Elle entre au carmel de Sainte-Marie-des-Anges, situé dans le quartier le plus pauvre de Florence. C'est le premier dimanche de l'Avent 1582. Quelques semaines auparavant, Thérèse d'Avila s'en est allée vers son Seigneur après avoir mené à bien la Réforme du Carmel. L'année suivante elle reçoit l'habit religieux et prend le nom de Soeur Marie Madeleine. Durant sa formation, elle reçoit une connaissance extraordinaire de la grandeur de Dieu et de sa grâce. Elle prononce ses voeux le 27 mai 1584, en la fête de la Trinité.

Sa vie spirituelle

Peu après sa Profession religieuse, Marie Madeleine entre dans une période surprenante pour nous aujourd'hui. Chaque jour après la communion elle plonge pendant quelques heures dans une exquise proximité avec le Christ, et cela pendant près de quarante jours. (A cette époque les « extases » sont fréquentes chez les mystiques.) Plus tard, c'est le Mystère douloureux de la Passion qui la bouleverse au point de lui donner à vivre dans une communion intense la réalité dramatique des évènements vécus par le Christ au cours de sa passion. Elle refera pendant trois années –de 1585 à 1590- l'expérience des « extases de la Passion » un peu à la manière de Marthe Robin. Les soeurs de sa communauté en ont témoigné et, avec son accord, transcrit ses récits et dialogues avec le Christ souffrant.

La Passion de Jésus dans nos vies

Ce qui en Marie Madeleine parvient à un sommet d'extraordinaire intensité n'est que la dynamique essentielle de toute vie chrétienne. Tout fidèle est en effet appelé à se souvenir du Christ : « Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d'entre les morts... » à porter sa croix et à marcher sur les pas de son Seigneur. Saint Paul lui-même déclarait : « Je suis crucifié avec le Christ » (Gal 2, 19), témoignant ainsi de sa configuration entière à la personne du Christ, jusque dans sa chair. La mystique de la Passion a produit chez les chrétiens du Moyen-âge des fruits de générosité et d'amour intense du Christ. Saint Bernard et Saint François d'Assise porteur des stigmates, ont donné une place importante à la contemplation de la Passion. Thérèse d'Avila date sa vraie conversion de la contemplation d'une statuette représentant le Christ attaché à une colonne et tout couvert de plaies. En méditant sur le sens de la Passion par le biais de cette statuette, elle fait l'expérience de l'amour extrême du Christ pour elle. Plus près de nous Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face était elle aussi pénétrée de la force du mystère d'amour de la Passion et son regard de foi dépassait la seule réalité de la douleur humaine de la Croix.

En ce temps pascal lumineux, il faut garder à l'esprit l'ombre de la Croix qui se projette sur le Christ ressuscité dans le mystère de la résurrection.

AME DU CHRIST

Ame du Christ, sanctifie-moi
Corps du Christ, sauve-moi
Sang du Christ, enivre-moi
Eau du côté du Christ, lave-moi

Passion du Christ, fortifie-moi
O bon Jésus, exauce-moi
Dans tes blessures, cache-moi
Ne permets pas que je sois séparé de Toi

De l'ennemi, défends-moi
A ma mort, appelle-moi
Ordonne-moi de venir à Toi
Pour qu'avec tes saints je Te loue
Dans les siècles des siècles,
ainsi soit-il !

jean-de-la-croix Enfant de Castille

Juan de Yepes, 2ème fils de Gonzalo et Catalina de Yepes, est né à Fontiveros en 1542, dans une humble famille de tisserands de Castille en Espagne. L'année suivante, son père meurt et la grande pauvreté entre au foyer. Catalina et ses 2 fils émigrent à Medina del Campo dans l'espoir d'y trouver du travail.

Medina est en effet une ville en pleine croissance, débordante d'activité ; une plaque tournante du commerce international, et un haut lieu de la culture Elle attire les hommes d'affaires, les étudiants mais aussi des populations pauvres en quête du nécessaire pour vivre. C'est ainsi que la famille de Juan s'installe dans un quartier périphérique.

Jean entre au collège à 9 ans ; il y reçoit l'instruction primaire ; mais parallèlement il fait l'apprentissage de divers métiers manuels : charpentier, tailleur, peintre, selon l'usage de l'époque. Peu doué pour les travaux manuels, Jean se fait embaucher, à 16 ans, par l'hôpital des maladies infectieuses comme infirmier et collecteur de dons. Il gagne l'estime de l'administration qui lui permet de poursuivre ses études au Collège des Pères Jésuites, « un peu le matin et un moment l'après midi ». Les livres le passionnent ; il s'y applique souvent tard dans la nuit.

Jeune Carme

En 1563, à 21 ans, Jean entre au couvent des Carmes de Medina, « par amour de la Vierge », patronne de cet Ordre. Il s'y distingue par sa piété, son désir d'observer en tous points la Règle primitive de l'Ordre et son intelligence. Ses supérieurs l'orientent vers des études universitaires ; il s'inscrit à la célèbre université de l'époque qu'est Salamanque.
Il est ordonné prêtre en 1567 à 25 ans.

Réformateur de L'Ordre

Cette même année, Ste Thérèse d'Avila se trouve à Medina del Campo pour y fonder le 2ème carmel réformé. Elle y rencontre le frère Jean ; elle est séduite par la personnalité du jeune frère et ses aspirations à mener une vie plus retirée, et se livrer à l'oraison et au recueillement.
De son côté Frère Jean, après avoir songé à entrer chez les Chartreux, fait siens les projets de la Mère Thérèse et décide l'année suivante (1568) d'aller mener la vie de frère déchaux au village retiré de Duruelo avec 2 autres frères ; ilt prend le nom de Frère Jean de la Croix.
Il devient alors le soutien et le collaborateur de la Madre Térèsa dans l'oeuvre de la Réforme du Carmel ; celle-ci lui confie l'accompagnement spirituel des carmélites .

Le prisonnier de Tolède (1577)

Tandis que Frère Jean se consacre à son ministère spirituel, les nuages s'amoncellent et un conflit de juridiction éclate entre les Carmes déchaux et les Carmes chaussés ; ces derniers se croient autorisés à ramener à eux les frères carmes déchaux qu'ils considèrent comme rebelles. Frère Jean de la Croix, chef de file du mouvement de la Réforme, est enlevé et fait prisonnier au couvent de Tolède ; il y endure une captivité de 9 mois. Son corps dépérit et son esprit est plongé dans l'angoisse et l'obscurité d'une nuit plus profonde que celle d'une nuit sans étoiles. Ne se serait-il pas trompé de chemin en entrant dans le courant de la Réforme ?..
La foi est l'unique lumière qui le guide vers Dieu. De cette souffrance sans amertume, de cette douleur sans ressentiment naissent des chef-d'oeuvres de poésie comme le Cantique spirituel , les Romances, la Source.
Mais il réussit à s'évader et peu après écrit un nouveau poème, celui de la Nuit obscure, où son aventure tragique de prisonnier lui sert d'allégorie pour décrire son cheminement spirituel. On y trouve déjà le fil conducteur de sa doctrine spirituelle.

Le guide spirituel

Sorti de prison, il est accueilli chez les carmélites ; et lorsque sa santé est rétablie, il rejoint ses frères carmes déchaux en Andalousie où il exerce l'essentiel de son ministère. Il est nommé Prieur en divers couvents, puis vicaire provincial.
Comme la plupart des Carmes Déchaux, Il conjugue vie conventuelle, prédication et devient un guide spirituel apprécié et recherché .
Il s'occupe de la même manière des nobles et des personnes peu cultivées. Ce qu'il cherche avant tout c'est le progrès spirituel de chacun. On admire la sûreté de sa doctrine, sa connaissance du coeur humain et par- dessus tout sa charité. Inlassablement il enseigne les chemins de Dieu. « Il faut savoir, dit-il, que si l'âme cherche Dieu, Dieu, de son côté, la cherche bien davantage ».

Dernière étape

En 1588, il est envoyé au couvent de Ségovie ; durant 3 ans il en assure la direction et la formation spirituelle, tout en travaillant de ses mains à la reconstruction du monastère. Mais bientôt sa santé décline . Il souhaite pouvoir vivre dans un lieu retiré sans responsabilités. Ses supérieurs l'envoient à nouveau en Andalousie. Il tombe malade. Fièvre persistante et plaies à la jambe le font beaucoup souffrir. C'est à Ubeda qu'il est soigné. Mais au bout de 6 mois, Jean est à bout de forces. Il meurt à l'aube du 14 décembre 1591, heureux « d'aller chanter matines au ciel ».

L'Eglise a reconnu sa sainteté, la justesse et la profondeur de sa doctrine spirituelle et l'a déclaré Docteur de l'Eglise en 1926

En savoir plus

1427 - 1485

Enfance à la cour des Ducs de Bretagne

Françoise, fille de Louis d'Amboise et Marie de Rieux, naît en 1427 au Château de Thouars en Poitou. La guerre de cent ans bat son plein en France et en Bretagne. Intrigues et complots ne manquent pas. L'un d'eux vise la Trémouille, puissant favori du Roi, Charles VII.
Louis d'Amboise est arrêté comme complice, jugé et condamné à la prison à vie.
Dès lors, Marie de Rieux cherche refuge et protection auprès d'Arthur de Richemont, frère du duc de Bretagne, Jean V et vient résider à Parthenay, près de Nantes. Un conseil de famille réuni autour du comte Arthur décide que Françoise serait donnée en mariage au fils aîné du Duc, Pierre ; Françoise deviendra princesse bretonne ; elle a seulement 4 ans et Pierre en a 12 !
Marie de Rieux accepte la séparation d'avec sa fille qui est conduite quelques mois plus tard au château de l'Hermine à Vannes où le Duc, la Duchesse Jeanne et toute la Cour accueillent l'enfant avec joie.
La duchesse se fait l'éducatrice de sa future belle-fille et en fait une princesse accomplie, dévote, cultivée, prête pour les tâches qui lui seront confiées.

Françoise et Saint Vincent Ferrier

La Duchesse Jeanne avait accompagné Vincent Ferrier, le saint dominicain lors de ses prédications en Bretagne et l'avait assisté à l'heure de sa mort, à Vannes. Elle le tient en grande vénération et inculque à Françoise la même vénération ; elle lui lèguera le chapelet du saint à sa mort et de fait, Françoise se chargera plus tard de mener à bien le procès de canonisation du thaumaturge espagnol.

1442 : Comtesse de Guingamp

L'année 1442 est une date importante dans la vie de la jeune princesse. Son beau-père, Jean V décède, laissant le gouvernement du duché à François, le fils aîné. Cette même année, elle a 15 ans et se marie avec Pierre, comte de Guingamp le 2 décembre 1442.
Un mois plus tard, ils s'en vont tous les deux en voyage de noces et font pèlerinage. Ils se rendent d'abord à Notre Dame du Folgoët, dont la basilique fut édifiée grâce aux libéralités de leur père et beau-père. Poursuivant leur route ils arrivent à Morlaix où ils s'y arrêtent naturellement, car la chapelle Notre Dame des Fontaines, (lieu d'implantation du carmel actuel) a été achevée 20 ans plus tôt, grâce aussi aux libéralités du duc Jean V.
Après cela, le couple visite les seigneuries de Châteaulin, de Fouesnant et de Rosporden.
Mais, de retour à Guingamp, Françoise n'a pas la vie facile. Pierre est de caractère ombrageux, nerveux et brutal. Un jour, il s'emporte violemment contre elle jusqu'à la battre. Françoise tombe malade, déprime. La gouvernante réussit à force de patience et de douceur à apaiser Pierre. Celui-ci tombe aux pieds de son épouse et lui demande pardon. La jalousie fait place à une vraie confiance pour les années à venir.

1450 : Duchesse de Bretagne

Le règne du fils aîné, François, sur le trône ducal est de courte durée ; sa mort, en 1450, fait de Pierre et de Françoise Duc et la Duchesse de Bretagne. Françoise devient la conseillère de son mari dans le gouvernement du duché et son influence est très bienfaisante. Sa droiture, sa justesse de vue et son dévouement pour les malades sont unanimement reconnus.
Mais 7 ans plus tard, en 1457, Pierre meurt également, sans héritiers. La couronne passe à Arthur de Richemont, leur oncle.
Françoise, veuve et sans enfants, est alors libre de tout engagement ; elle a 30 ans et forme le projet d'entrer dans la vie religieuse. Le nouveau duc y est profondément hostile et son père, Louis d'Amboise, menace de la déshériter.
Françoise attend son heure. L'année suivante, la délivrance arrive avec la mort du Duc Arthur.

1463 : Fondatrice du premier carmel féminin et carmélite

Le chemin de la jeune femme s'éclaire avec la rencontre, à Nantes, du Prieur Général des Carmes, Jean Soreth. Au terme de leurs entretiens, Françoise se tourne vers l'Ordre du Carmel et se détermine à fonder un carmel féminin à Vannes.
Elle-même y entre en 1468 à 41 ans.

9 ans plus tard, elle fonde un second carmel aux Couets, à Nantes ; elle en sera la Prieure très aimée jusqu'à sa mort en 1485.
2 autres carmels « amboisiens » verront le jour à Ploërmel et Rennes, au 17è siècle.
Un siècle plus tard, Thérèse d'Avila reprendra, parfois pour les pousser plus loin, les intuitions du premier carmel féminin dont Françoise d'Amboise demeure une initiatrice et une éclatante figure.

La vénération que lui porte le peuple breton conduit à la reconnaissance officielle de son culte par l'Eglise : Pie IX la déclare bienheureuse en 1863.

En savoir plus : Lire « Françoise d'Amboise, Duchesse et Carmélite » par Abbé Joseph Trochu (1984)

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